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Hypertension et Activité Physique Adaptée


Bonjour à tous ! Il y a quelques temps, nous vous avions présenté l’Activité Physique Adaptée (APA) un peu plus en détail, et ce pourquoi nous avons choisi cette voie professionnelle. Aujourd’hui, nous allons faire évoluer notre site en ce sens, en vous proposant une série d’articles un peu plus poussés en lien avec différentes pathologies « modernes ». On commence par l’hypertension artérielle :

Etat des lieux :

Il convient dans un premier temps de vous parler de pression artérielle systolique et diastolique. La première étant la pression dans les artères au moment où le cœur se contracte et éjecte le sang ; la seconde équivaut à la pression artérielle au moment où le cœur se dilate et se remplit entre deux contractions. Sachant cela, l’hypertension artérielle correspond à une pression artérielle systolique supérieure à 140mmHg, et une pression artérielle diastolique supérieure à 90 mmHg. D’après cette définition, environ 20% de la population souffre d'hypertension et/ou prend des médicaments antihypertenseurs (Burt et al., 1995).

L'hypertension artérielle est un facteur de risque important pour l'AVC, l'infarctus du myocarde, l'insuffisance cardiaque et la mort subite.

Une méta-analyse comprenant 61 études prospectives (environ 1 million de sujets au total) a montré qu’une diminution de 20 mmHg de la pression artérielle systolique, ou une diminution de 10 mmHg de la pression artérielle diastolique réduisait de moitié le risque de décès cardiovasculaire.

Ainsi… Vous nous voyez venir !! L’APA a un impact sur la pression artérielle et nous allons vous expliquer à quel point, et pourquoi.

Comment la réduire ?

Dans diverses études, la quantité d'exercice a eu un effet significatif sur la réduction de tension artérielle, alors que l'intensité de l'exercice n’en a pas eu.

En moyenne, l’APA réduit la pression artérielle systolique de 7,4 mmHg et la pression artérielle diastolique de 5,8 mmHg (American College of Sports Medecine) ; et cette réduction reste la plus importante auprès des personnes qui en ont le plus besoin (Pescatello et al., 2004). Du coup, même si vous partez (ou revenez) de loin, ne vous dites pas que c’est perdu, au contraire !!

Des études regroupant environ 2000 personnes sur de l’entrainement aérobie (ou sur une forme plus modérée d’activité physique comme la marche (Kelley et al., 2001)) pendant au moins 4 semaines ont entraîné une diminution de 3,4 mmHg de la pression artérielle systolique et une diminution de 2,4 mmHg de la tension artérielle diastolique (Fagard, 2001)

D’autres études ont montré qu’un entrainement en force de 6 semaines avait un effet positif sur la tension des sujets normotendus (baisse de 3mmHg des tensions systolique et diastolique) ; ceci étant bien sûr transférable aux sujets hypertendus (Kelley, 2000).

Concrètement, comment ça marche ?

L'hypertension survient souvent avec la résistance à l'insuline et l'hyperinsulinémie (Zavaroni et al., 1999 ; Galipeau et al., 2002). L'entraînement physique augmente la sensibilité à l'insuline dans le muscle entraîné et réduit ainsi l'hyperinsulinémie. De plus, de nombreux patients atteints d'hypertension sont affectés par une dysfonction diastolique du ventricule gauche et une inflammation chronique de bas niveau. Or, l’activité physique augmente le remplissage diastolique du ventricule gauche ainsi que la vasodilatation dépendante de l'endothélium (paroi interne des vaisseaux sanguins directement en lien avec le sang).

L'exercice physique augmente le flux sanguin et, par extension, la contrainte de cisaillement sur la paroi des vaisseaux sanguins, qui est considéré comme le stimulus de l'oxyde nitrique dérivé de l'endothélium. Cela induit une décontraction musculaire lisse, ainsi qu’une vasodilatation. Par conséquent, ce mécanisme induit une baisse de tension artérielle.

Les patients souffrant d'hypertension peuvent aussi être atteints de dyslipidémie. Or, L'activité physique présente des effets bénéfiques sur le profil lipidique du sang.

Quels sont les effets ?

L’activité physique crée une baisse de tension qui dure typiquement de 4 à 10h après cessation de l'exercice, mais qui peut durer jusqu’à 24h. Les personnes souffrant d'hypertension peuvent ainsi atteindre des valeurs normotendues pendant une grande partie de la journée, et il s’agit là d’une signification clinique majeure. (Pescatello et al., 2004)

Ce qui est donc indiqué :

Tous les patients souffrant d'hypertension (tant en pharmacothérapie que dans ceux qui ne reçoivent pas de traitement) doivent bénéficier d'un entraînement physique. L'exercice doit être essentiellement composé d'exercices aérobie d'intensité modérée. On peut également remplacer l'entraînement d'endurance par un entrainement de force deux fois par semaine.

Chez les patients souffrant d'hypertension légère, il est raisonnable d'essayer un traitement non pharmacologique sous forme d'activité physique, de modification de l'alimentation et de cessation du tabagisme pendant une période de 3 à 6 mois avant de décider d'un traitement pharmacologique. La durée de la réduction de la pression artérielle persiste jusqu'à 24 h après l'exercice (Park et al., 2005) et l'exercice quotidien est nécessaire. Encore une fois, la balle est dans votre camp pour améliorer votre santé !

Des contre-indications ? Il n'existe aucune preuve d'un risque accru de mort subite ou d'accident vasculaire cérébral chez les personnes physiquement actives atteintes d'hypertension.

L'ACSM recommande de faire preuve de prudence lors d'exercices dynamiques très intensifs ou d’entrainement en force avec des poids très lourds, où des pressions très élevées peuvent être atteintes dans le ventricule gauche du cœur (>300 mmHg), ce qui peut être potentiellement dangereux. Les patients présentant une hypertrophie cardiaque gauche doivent être particulièrement prudents en ce qui concerne l’entrainement élevé de force. Les patients atteints de cardiopathie coronarienne doivent s'abstenir de faire des courtes périodes d'exercice intensif.

Voilà pour ce premier article peut-être un peu long et moins accessible que d’habitude, nous nous efforçons de rendre ça intéressant pour tout le monde. L’activité physique adaptée nécessite de nombreuses connaissances, mais surtout une écoute et un suivi constant des personnes qui nous sollicitent. La team A&J Coaching est passionnée, n’hésitez pas à nous demander des précisions. A très vite !


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